Les remerciements sont souvent la dernière page écrite… et la première lue. Placés en tête du mémoire ou de la thèse, juste après la page de garde, ils donnent le ton avant même l’introduction. Trop courts, ils paraissent expédiés ; trop longs ou trop intimes, ils mettent le lecteur mal à l’aise. Voici comment trouver le juste équilibre, avec des repères concrets et des exemples de formulations à adapter.
À quoi servent vraiment les remerciements
Cette page exprime votre reconnaissance envers celles et ceux qui ont contribué à votre travail : encadrants, institutions, collègues, proches. C’est une page personnelle, mais qui reste dans un cadre académique : on y soigne le ton autant que le contenu. C’est aussi, pour beaucoup de doctorants, un moment symbolique : celui où l’on referme plusieurs années d’efforts. Prenez le temps de l’écrire à tête reposée, pas à 3 h du matin la veille du dépôt.
Qui remercier, et dans quel ordre ?
L’ordre va généralement du plus institutionnel au plus personnel. Cette progression est attendue ; la respecter montre que vous connaissez les codes :
- Votre directeur ou directrice de mémoire / de thèse, pour son encadrement.
- Les membres du jury (rapporteurs, examinateurs), pour avoir accepté d’évaluer le travail.
- Le laboratoire, l’équipe, l’école doctorale, et les financeurs (bourse, contrat CIFRE, entreprise).
- Les collègues et personnes ayant aidé concrètement : relecture, accès aux données, soutien technique.
- Les proches (famille, ami·e·s) en quelques lignes sobres pour clore.
Relisez votre liste à plusieurs jours d’intervalle : oublier une personne clé est l’erreur qui blesse le plus, et la plus difficile à rattraper une fois le document imprimé.
Quel ton adopter ?
Un ton sincère mais mesuré. On évite les effusions excessives, l’humour potache, les private jokes et les confidences trop personnelles. La règle simple : ce que vous écrivez doit pouvoir être lu par votre directeur et votre jury sans malaise. La sincérité ne suppose pas l’étalage ; une phrase juste vaut mieux qu’un paragraphe sentimental. Vous pouvez vous autoriser une touche d’émotion sur la fin, à condition qu’elle reste sobre.
Des formulations à adapter
Ces tournures sont des points de départ : personnalisez-les, sinon elles sonneront creux.
- « Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à [nom], qui a dirigé ce travail avec exigence et bienveillance. »
- « Je remercie chaleureusement les membres du jury d’avoir accepté d’évaluer cette recherche. »
- « Mes remerciements vont également à [laboratoire / entreprise] pour les moyens mis à ma disposition et la confiance accordée. »
- « Je pense aussi à [collègues], dont les échanges ont nourri ma réflexion. »
- « Enfin, je remercie mes proches pour leur soutien constant tout au long de ce parcours. »
Longueur et place dans le document
Comptez une demi-page à une page ; au-delà, le lecteur décroche. Les remerciements se placent dans les pages liminaires, après la page de garde et avant le sommaire. Comme les autres pages liminaires, ils ne portent pas la pagination du corps du texte (ou une pagination en chiffres romains selon les usages de votre établissement). Soignez aussi leur mise en forme : même police, même interligne que le reste, sans fioritures.
Les erreurs à éviter
- Oublier une personne clé : relisez votre liste à tête reposée, plusieurs fois.
- Un ton trop familier ou des confidences déplacées.
- Des fautes d’orthographe : c’est une page très lue, faites-la relire par quelqu’un d’autre.
- Copier des remerciements trouvés en ligne : ils sonnent immédiatement faux.
- Hiérarchiser maladroitement (remercier ses amis avant son directeur, par exemple).
Remerciements de thèse ou de mémoire : les différences
Les codes ne sont pas tout à fait les mêmes selon le niveau. Pour un mémoire, les remerciements restent courts et centrés sur l’encadrement et l’entourage proche : quelques lignes suffisent. Pour une thèse, ils peuvent occuper une page entière et remercier un cercle plus large : directeur et co-directeur, rapporteurs, laboratoire, financeurs, collègues doctorants, personnels techniques et administratifs, parfois les participants à l’étude. La thèse représentant trois à cinq années de travail collectif, l’usage admet une dimension plus personnelle sur la fin — toujours avec mesure.
Faut-il ajouter une dédicace ?
La dédicace est facultative et distincte des remerciements. C’est une ligne ou deux, sur une page à part, adressée à une personne qui compte (« À mes parents », « À la mémoire de… »). Elle se place avant les remerciements. Discrète par nature, elle ne doit pas se transformer en second texte de remerciements. Si vous hésitez, sachez qu’elle n’a rien d’obligatoire et que de nombreux travaux excellents s’en passent.
Quand et comment les rédiger sans stress
Le piège classique consiste à écrire les remerciements à la dernière minute, entre deux exports PDF. Rédigez-en une première version dès que le manuscrit est stabilisé, puis laissez-la reposer : vous y reviendrez à tête reposée pour ajuster le ton et vérifier que personne n’a été oublié. C’est aussi un bon moment pour relire l’ensemble de vos pages liminaires d’un seul tenant.
De la première à la dernière page
Une fois vos remerciements rédigés, vérifiez la cohérence de l’ensemble : page de garde, remerciements, sommaire, corps, annexes. Quand votre PDF est prêt, vous pouvez déposer votre fichier pour un devis et lancer l’impression et la reliure de votre mémoire ou de votre thèse, fichier vérifié avant lancement.
FAQ — Remerciements
Où placer les remerciements ?
Dans les pages liminaires, après la page de garde et avant le sommaire. Ils ne sont pas numérotés comme le corps du texte.
Quelle longueur pour les remerciements ?
Une demi-page à une page suffit. L’essentiel est la sincérité et la justesse, pas la longueur.
Faut-il remercier le jury avant la soutenance ?
Oui, il est d’usage de remercier les membres du jury d’avoir accepté d’évaluer le travail, même si la soutenance n’a pas encore eu lieu.
Peut-on remercier ses proches ?
Bien sûr, en quelques lignes sobres à la fin. Gardez un ton compatible avec le cadre académique.
Dans quel ordre remercier ?
Du plus institutionnel au plus personnel : directeur, jury, laboratoire et financeurs, collègues, puis proches.



